Comment améliorer sa communication avec ses enfants ?

Nous nous sommes tous posés un jour la question de savoir comment améliorer sa communication avec ses enfants ou de connaitre les actions qui nous permettrais de changer ma relation avec mon conjoint.

Nous avons le plaisir de vous présenter dans ce nouvel article un thème qui nous tenais particulièrement à cœur : la communication entre parents et enfants. Pour présenter ce sujet délicat nous avons rencontré une personne ouverte, généreuse et passionnée ! Il s’agit de Maud VERDEZ du site CASA MUSOYA qui nous détaille les clés pour prendre en main sa communication verbale (et non-verbale !) auprès de ses enfants et au sein de son couple pour améliorer sa communication.

Maud VERDEZ - CASA MUSOYA
Maud VERDEZ – CASA MUSOYA
Maud VERDEZ de CASA MUSOYA

La communication verbale et non-verbale

On parle souvent de communication « par les gestes » ou « par les expressions du visage ». Mais concrètement qu’est-ce que l’on appelle la communication appelle verbale et celle non-verbale ?

La communication verbale, ce sont tous les messages verbaux que nous passons à travers les mots mais nous utilisons bien plus pour communiquer. La communication non verbale est le langage du corps (gestuelle et toucher), la posture (si je suis face à mon interlocuteur ou non, bras croisés ou ouverts,…), les expressions du visage, l’intensité du contact visuel établi le ton/débit/volume de la voix, l’Articulation des mots, le Rythme et l’accent mis sur les mots. Tout cela fait qu’un même message peut être perçu complètement différemment selon les messages non verbaux émis, ou que ce message ne passera pas du tout parfois.

Durant les ateliers de massage bébé que j’anime, les parents apprennent à observer et comprendre leur enfant : on apprend à être attentif aux signes d’éveil et à ce qu’on appelle les signes d’engagement ou de désengagement, qui permettent de savoir si bébé est ok pour faire un massage ou non. Le parent a un petit rituel pour lui proposer le massage : au-delà des mots, c’est la manière douce et tranquille de l’annoncer en ouvrant le petit flacon d’huile puis en se frottant doucement les mains qu’on lui montre. Le bébé comprend et peut répondre avec tout son corps (calme, ouvert, regard fixé sur le parent,…) si c’est bon pour lui, ou au contraire se détourner et avoir des mouvements agités s’il n’est pas disponible à ce moment pour un massage.

Le langage des signes pour bébé (LSB) nous apprend aussi dès tout petit à communiquer au-delà des mots : l’enfant fait naturellement des gestes et des mimiques très expressives pour se faire comprendre, bien avant l’acquisition de la parole. Le LSB permet d’étendre son « vocabulaire » de signes pour communiquer, mais ce qui me paraît le plus essentiel, c’est la posture qu’on a quand on signe. On est obligé d’être à hauteur de l’enfant, dans son champ de vision, pour qu’il voit les signes qu’on fait. Alors que parfois, on peut avoir tendance à parler sans même être face à notre enfant, occupé à autre chose. On dit souvent aux enfants « tu n’écoutes pas », mais en vérité ils n’ont même pas entendu qu’on leur parlait car nous n’avons pas pris le temps de se connecter vraiment à eux pour avoir un véritable échange.

Comment cela peut-il se traduire au quotidien dans ma relation avec mes enfants et mon conjoint pour améliorer ma communication ?

Par exemple, si je dis à mon enfant qui est triste (d’être séparé toute la journée de nous, ou qui a été tapé par un camarade par exemple) « je comprends, c’est dur » mais rapidement, sans le regarder dans les yeux ou en étant à sa hauteur (en le touchant peut-être), avec sincérité, il ne ressentira pas l’empathie que sont censés faire passer ces mots. Ou au contraire si je dis « je ne suis pas d’accord quand tu déchires un livre » avec une voix douce, il y a incohérence entre le message verbal et non verbal.
Pour s’aider, on essaie de faire une pause stop à chaque fois que nécessaire : j’arrête ce que je fais, je me tourne vers mon enfant/conjoint, et j’essaie de vraiment écouter ce qu’il dit. Si je ne peux pas arrêter ce que je fais ou si je suis dans une conversation, je demande à mon enfant (lors d’une conversation qu’on aura eu sur ce type de situation) de venir juste me toucher/tapoter le bras pour me prévenir qu’il a besoin de me parler, qu’il lui faudra patienter un petit peu mais que je m’arrêterais pour l’écouter.
Beaucoup de mamans partagent qu’elles ont l’impression que leurs enfants ne les écoutent pas alors que quand le papa demande quelque chose, ils sont plus prompts à s’exécuter. Cela peut s’expliquer notamment par la sécurité émotionnelle que donne la mère (« maman m’aime quoiqu’il arrive ») mais aussi tout simplement par le ton des voix masculines qui n’est pas perçu de la même manière.

As-tu des exemples de communication verbale et non-verbale ?

Parfois, la communication non-verbale suffit : quand votre enfant, un ami ou votre conjoint vous confie ses problèmes, il n’attend pas forcément que vous lui donniez la solution (à laquelle il a sûrement déjà pensé), mais juste d’être écouté, de se sentir compris. Si tout votre corps et votre visage lui transmet cela, ponctué éventuellement par quelques « hum hum je vois », hochements de tête, etc., la personne pourra aller au bout de ce qu’elle avait à dire pour ainsi exprimer toutes ses émotions plutôt que de les réprimer, et faire émerger par elle-même les causes de son problème (qui n’est peut-être pas vraiment le sien d’ailleurs, la personne qui en accuse une autre est souvent celle à qui appartient le problème) et les pistes de solution.

A quel moment et comment la communication avec mes enfants ou mon conjoint peut-elle s’enrayer ?

Cette communication s’enraye dès lors qu’on n’est plus dans l’écoute. Observez-vous : vous verrez que lorsque quelqu’un vous parle, vous êtes déjà en train de penser à ce que vous allez lui répondre, et vous ne l’écoutez donc plus réellement. On veut aider en donnant des conseils et en partageant son expérience, mais on passe à côté de ce que cette personne nous disait en étant trop prompt à vouloir ajouter son grain de sel.
Je vous propose un exercice : la prochaine fois que quelqu’un vient vous parler de quelque chose, essayez de ne rien dire ou d’en dire le moins possible, et de juste écouter avec bienveillance et sans jugement. Avec un enfant, vous verrez qu’être juste dans l’accueil des émotions pur et simple, permet de désamorcer un moment de « crise » plus rapidement et surtout plus efficacement (au sens où l’enfant se sentira compris et aura ainsi dépassé, résolu et digéré la situation). Si cette personne est un adulte, demandez-lui éventuellement comment elle s’est sentie pendant cette écoute.
La communication risque de se rompre complètement quand on entre dans le rapport de force : « écoute et tais-toi ».

Peut-on éviter cette situation ?

On est humain, et avec la fatigue et le stress de nos vies bien remplies entre travail, famille et amis, cela nous arrive à tous de ne plus être dans l’écoute et d’avoir des mots qui dépassent notre pensée, ou un ton violent à un moment donné.
Pour l’éviter et améliorer autant qu’on peut la communication avec ses enfants, on trouve chacun nos « outils », nos « trucs et astuces » : s’isoler 1 minute dans une pièce, pour respirer profondément peut-être, boire un grand verre d’eau ou se passer de l’eau sur le visage (l’eau a des bienfaits « purificateurs »), fermer les yeux et visualiser un lieu « ressource qu’on aime » (réel ou imaginaire), bouger dans tous les sens, respirer de l’huile essentielle de lavande vraie pour s’apaiser, mettre de la musique, sourire,… Il est important de tester ces choses hors contexte pour voir ce qui nous fait du bien et nous aide à changer d’attitude (en sophrologie, on s’entraîne avec un signal comme un claquement de doigt par ex). Car ce n’est pas une fois que notre taux de stress est à son maximum qu’on va trouver ces astuces, il faut nous y entraîner avant 😀. Il est important de se souvenir qu’on vit avec les gens qu’on aime.

Quels peuvent être les signes avant-coureurs que quelque chose ne va plus ?

Demandez-vous si vous avez avec chacun de vos enfants au moins un moment de qualité avec lui seul (même si c’est juste 5 minute). Et surtout jouez avec vos enfants, car c’est comme ça qu’ils communiquent beaucoup de choses : même quand il y a une fratrie, qu’on se dit qu’ils sont bien à jouer entre eux, pensez qu’ils ont encore besoin de jouer avec vous pour communiquer avec vous. Quand vous avez l’impression que votre enfant ou que votre conjoint ne vous écoute « jamais », et ne vous parle plus ou peu, revenez à cela. Même avec votre conjoint, réfléchissez à la dernière fois où vous avez ri ensemble, discuté d’un sujet qui ne concernait pas que vos vies pratiques, les enfants ou le travail, mais vos aspirations, comment vous vous sentez en ce moment.

Que conseillerais-tu à des parents qui pourrait connaitre cette situation et les aider à améliorer la communication avec leurs enfants ?

Prendre le temps de moments de qualité pour se parler, et bien choisir le moment : ne pas « sauter » sur l’enfant à la sortie de l’école pour lui demander comment sa journée s’est passé car il est souvent fatigué et a besoin d’un moment tranquille ou de défoulement selon les caractères et comment s’est passée la journée. Comme pour votre conjoint ou vous : on n’a pas toujours envie de parler à peine rentré du travail.
On peut proposer un petit massage du dos ou des pieds, la détente aide à parler, et on n’est pas forcément face à face ainsi, avec le regard de l’autre qui peut peser.
Pour les enfants, il faut se souvenir de passer par le jeu au maximum car si on se pose en lui demandant : « qu’est-ce qui ne va pas en ce moment ? Pourquoi es-tu toujours énervé ? », il ne saura pas répondre. On peut faire un jeu avec des animaux ou des personnages, avec une situation suggérée par vous ou par l’enfant pour essayer de faire émerger les choses. Décontextualiser pour pouvoir traiter le problème sans stress. Si le problème est que l’enfant n’aime pas l’école, est-ce qu’il s’ennuie, par rapport à la maîtresse, aux camarades, au fait que le petit frère reste pendant ce temps à la maison : on ne pose pas la question, on recrée la situation et on voit comment l’enfant la fait évoluer. Si l’enfant se braque avec un jeu trop proche de la réalité, ça peut être un enfant/ou animal qui va à l’école de voile par ex. L’important est de le faire toujours en s’amusant, en proposant aussi des situations absurdes et rigolotes pour dédramatiser (une maîtresse qui ne dit que des bêtises). On passe ainsi par ce qu’on appelle le « rire thérapeutique » (voir le très bon ouvrage « Qui veut jouer avec moi » du Dr Lawrence Cohen).
Les jeux de renversement de pouvoir sont aussi très importants : dans un monde plein de règles, donner l’occasion à l’enfant d’avoir le dessus en faisant une petite bataille sur le lit, le laisser vous chevaucher comme un cheval à qui il indique où aller, vous laisser faire prisonnier, faire semblant de s’énerver face à votre enfant qui joue délibérément au rebelle, etc. L’enfant sera plus enclin à vous écouter ensuite car ce n’est pas toujours lui qui doit obéir, vous l’avez fait aussi par le jeu.

Quelles astuces ou habitudes du quotidien pourrais-je mettre en place facilement pour améliorer la communication avec mes enfants ?

On peut se fixer des petites règles sur lesquelles on est d’accord, qu’on peut afficher sur le frigo par exemple. Voici celles que j’aime bien, que je trouve utile :

  • pas de grosse discussion sérieuse qui peuvent dégénérer le soir (après 19H par exemple). Il est important de ne pas aller se coucher après une dispute ou une discussion qui a généré des tensions et qu’on va alors ruminer.
  • attention aux mots employés et aux attitudes car certains marquent à vie
  • reconnaître que les torts sont partagés
  • ne pas accuser l’autre, ne pas généraliser une situation (« il a fait ça, ce sera toujours comme ça, ça veut dire qu’il ne m’aime pas »), et ne pas revenir constamment sur le passé
  • apprendre qu’est-ce qui remplit le réservoir d’amour de l’autre (je conseille l’ouvrage « les langages de l’amour » de Gary Chapman , les 5 langages de l’amour sont en bref : les moments de qualité, les paroles valorisantes, les services rendus, les cadeaux, le toucher) : se demander chaque jour à quel niveau est notre réservoir et demander à notre conjoint où en est le sien ? Que puis-je faire pour l’aider à le remonter si besoin ?
  • partager dans le couple chaque jour notre ou nos meilleurs moments de la journée, et ceux pour lesquels on veut dire merci. C’est aussi un bon rituel du soir pour les enfants

Quelle conclusion peut-on retirer de tout cela ?

Communiquer s’apprend. Nous ne sommes pas parfaits, aucun mode d’emploi n’est là pour nous aider à améliorer la communication avec nos enfants. Il n’y a pas une seule bonne méthode infaillible : j’aime l’idée qu’on fait son marché en prenant des idées à droite et à gauche, gardez ce qui vous parle, et laissez le reste, vous y reviendrez peut-être à un autre moment de votre vie. J’ai évoqué des pistes, mais il y en a bien d’autres, vous trouverez les vôtres en adaptant cela à votre situation. Ne restez pas seul, parlez-en autour de vous pour vous sentir moins seule et avancer : amis, collègues, avec d’autres parents sur les réseaux sociaux, participer à des ateliers sur la parentalité (Faber & Mazlish ou d’autres). On dit en Afrique qu’il faut tout un village pour élever un enfant, et je retiens cette idée de communauté dont on a besoin dans la parentalité, encore plus dans nos sociétés occidentales avec des familles souvent dispersées. Quand on se donne le temps et les moyens, on a toutes les chances de rétablir une communication saine et apaisée au sein de la famille.

Merci beaucoup Maud pour ce bel échange !

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